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14 minutes 40 secondes ago

The Mountain Witch

4 jours 5 heures ago
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The Mountain Witch est un jeu de rôle de Timothy Kleinert proposant aux joueurs d'incarner un groupe de rônins, samouraïs sans maître, engagés pour accomplir une mission dont personne ne veut: tuer O-Yanma, la sorcière du Mont Fuji.Ce jeu, publié en 2005 à l'occasion d'un Game Chef, fait partie de la mouvance indie initiée par Ron Edwards et The Forge. L'auteur débute d'ailleurs son ouvrage en expliquant la démarche et le processus de création du jeu; on n'est encore qu'en 2005 et pourtant on sent déjà l'influence grandissante de ce qu'on appelle aujourd'hui les jeux narratifs et/ou à partage de narration.
Aux travers de ses mécaniques de jeu, The Mountain Witch met en avant l'histoire et donne la main aux joueurs lors de la narration de leurs succès, les échecs restant l'apanage du Meneur de Jeu.
Le système de résolution, à base de dés à six faces, reste simple et discret mais suffisant pour supporter le récit.
Le jeu insiste sur les rivalités entre les personnages, rivalités mises en oeuvre via des points de Confiance et des oppositions/alliances illustrées par les signes du zodiaque asiatique.
Chaque rônin devra assumer un sombre destin déterminé en début de partie et qui le poussera peut-être à trahir ses compagnons d'armes.
The Moutain Witch est un jeu de rôle narratif, mettant clairement en avant le drama et demandant un certain investissement de la part des joueurs notamment dans l'interprétation et la narration des succès de leurs personnages respectifs. C'est un jeu où la suspicion et la trahison font partie du récit et où les personnages seront immanquablement appelés à s'affronter, la Sorcière et ses sbires n'étant qu'un prétexte, un décor pour justifier la situation. La question de vaincre ou non la Sorcière de la Montagne passe vite au second plan face aux destins des personnages/rônins.

Outre le contexte du jeu, les règles et les conseils de jeu, The Mountain Witch bénéficie d'un bon travail de documentation sur le Japon médiéval; j'ai été surpris par l'exactitude des renseignements concernant les châteaux. Le chapitre décrivant l'opposition, à savoir la Sorcière et ses minions, puise allègrement dans le folklore et les superstitions du Japon ancien.
La partie concernant la manière de jouer est également très utile: découpe de l'aventure en actes et chapitres, techniques et conseils de maîtrise.
L'ouvrage se clôture par des annexes comprenant un résumé des règles, une fiche de personnage et une longue liste de sources d'inspiration, très utile pour se mettre dans l'ambiance et visualiser certains éléments de jeu.
Au final un excellent jeu qui mérite le détour et propose une approche originale et efficace du Japon médiéval.

Le jeu dans sa première édition se présente sous la forme d'un PDF de 155 pages, sobrement illustré.
Le texte est aéré et agréable à lire, dans un anglais très abordable.
A noter que le jeu fait l'objet d'un financement participatif pour sa seconde édition, financement toujours en cours à l'heure où j'écris ces lignes.

Radio-Erdorin, épisode 1

2 semaines 4 jours ago
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Petit coup de projecteur sur le premier épisode de Radio-Erdorin, le pendant vidéo des chroniques musicales de Stéphane "Alias" Gallay.Cet émission vidéo a pour but de résumer l'actualité musicale du blog, en format court: une minute par article et un extrait audio-vidéo. Pour une première, le résultat me semble assez satisfaisant. Ca permet de se repasser les articles du mois et de choper ceux qu'on aurait éventuellement ratés.Côté montage, mise en place et présentation/fluidité, c'est encore un peu hésitant mais rien qui ne puisse s'affiner avec l'expérience. C'est de l'excellent boulot au demeurant. Je serais bien incapable de produire quelque chose d'aussi abouti. Alias revient d'ailleurs très largement dans son article sur le making-off de cette première émission.

The Rain (Netflix)

2 semaines 6 jours ago
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Le monde tel que nous le connaissons n’est plus. Au Danemark, une épidémie propagée par la pluie a éradiqué la population locale. Six ans après ce désastre, une sœur et un frère quittent le bunker où ils avaient trouvé refuge à la recherche de rescapés. Rapidement, ils intègrent un groupe de jeunes survivants dans une quête semée d’embûches guettant le moindre signe de vie, à travers un pays dévasté.
The Rain est une série post-apocalyptique en 8 épisodes (saison 1) diffusée par Netflix. On suit Simone et Rasmus, une soeur et un frère qui ont trouvé refuge dans un bunker lors d'une épidémie propagée par la pluie. Après six ans, ils sont contraints de quitter leur retraite et de s'aventurer en surface.Ils découvrent un monde dévasté et finissent par rejoindre un groupe de survivants.On est dans du post-apo très classique avec les ingrédients attendus du genre: épidémie, population décimée, survivants, monde en ruines, attritions (surtout en nourriture et en eau) et bien entendu secrets autour des circonstances exactes de l'épidémie. Simone et Rasmus étant les enfants d'un chercheur du groupe Apollon, organisation scientifique ayant un lien avec l'épidémie, on s'attend à certaines révélations concernant le virus et son origine, secrets partiellement dévoilés dans les derniers épisodes de cette première saison.Apollon fait furieusement pensé à Umbrella de Resident Evil, les zombies et les délires génétiques en moins. The Rain étant une production danoise, on reste dans quelque chose de sombre et de réaliste.
J'ai apprécié le visionnage de cette première saison, même si on devine assez vite les liens entre Apollo et l'épidémie. Pour moi l'intérêt de la série est ailleurs. Chaque personnage au sein du groupe de survivants a sa propre histoire et sa propre personnalité. On les découvre petit à petit aux travers de feedback distillés au long des épisodes. Les relations entre eux évoluent; le drama est au rendez-vous. Autant d'éléments fort appréciables et inspirants pour un jeu de rôle autour du thème.Au final, une première saison de bonne facture, proposant une histoire certes classique mais prenante malgré tout, avec un panel de personnages intéressants auxquels on s'attache.J'imagine qu'une seconde saison est prévue (la fin est ouverte) mais cela dépendra sans doute de l'audience.

SYNC (Kira Magrann)

3 semaines 4 jours ago
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Petit coup de projecteur sur Kira Magrann. Elle se définie elle-même comme queer cyborg game designer. Elle propose des jeux de rôle très personnels, non-violents, féministes et queer.
Elle alimente régulièrement sa chaîne Youtube de ses réflexions autour du jeu de rôle, du design et de l'inclusion.
Son premier jeu de rôle publié s'intitule A Cozy Den, un jeu intimiste et collaboratif mettant en scène des créatures mi-femme mi-serpent (lesbisnakes).
Elle est également l'auteure de Mobilize, un jeu dans le cadre de l'anthologie War Birds (la seconde guerre mondiale vue par les femmes), #Feminism (une autre anthologie autour du féminisme) et RESISTOR, un webzine cyberpunk.
Elle travaille actuellemet sur SYNC, un jeu de rôle cyberpunk non-violent dont on peut suivre le playtest sur Youtube. Vous pouvez télécharger les livrets de personnages ainsi qu'un document de playtest résumant le jeu, son thème et ses mécaniques (PbtA).
Pour financer sa créativité, elle dispose d'un Patreon.
Je ne sais plus très bien comment j'ai découvert cette auteure et son univers si particulier mais j'apprécie beaucoup son approche bienveillante et ouverte.
Je soutiens à 100% son engagement pour l'inclusion dans le jeu de rôle.
Le simple fait qu'elle propose des jeux de rôle annoncés comme non-violents est pour moi un critère important, assez rare pour être souligné.
Une auteure et une créatrice à suivre.

Dream Askew existe et s'appelle Slab City

3 semaines 5 jours ago
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Dream Askew existe et s'appelle Slab City.Située en plein désert, dans le sud-est de la Californie, Slab City était à l'origine une base militaire aujourd'hui désaffectée et dont il ne subsiste plus que les slabs, pylônes et plaques de béton sur lesquels étaient érigés les bâtiments militaires et qui ont donné leur nom à l'endroit.Aujourd'hui Slab City est une aire de campement sauvage, sans eau et sans électricité, lieu de villégiature temporaire pour les snow birds, des retraités vivant dans des mobil homes et parcourant les Etats Unis en quête de climat clément, ou adresse permanente pour les squatters, sans-abris, anarchistes, rêveurs ou rejetés de la société, victimes de la crise économique.A Slab City, il n'y a pas de loi ni de taxe. Aucune règle. C'est sans doute l'unique ville libre des Etats Unis.C'est ce côté hors du temps et du monde, à l'écart de la société qui m'a fait penser au jeu Dream Askew d'Avery Adler que j'ai chroniqué le mois dernier. Bien entendu, on est peut-être un peu loin de certaines des problématiques posés par le jeu, notamment en terme de sexualité et d'identité., quoiqu'en y réfléchissant bien, certaines des situations décrites dans le reportage ARTE Les campeurs de Slab City et le reportage Slab City, la ville des perdus de l'Amérique peuvent donner des idées et servir d'inspirations pour une partie de Dream Askew.
Personnellement, j'ai toujours été fasciné par ces personnes qui arrivent à vivre en marge du système, bon gré mal gré, assumant plus ou moins leur mode de vie outsider et indépendant. C'est clair qu'une majorité des habitants de Slab City sont là à cause de la malchance, victimes d'accidents de la vie et n'ayant que peu d'espoir d'un jour retrouver une vie normale. Ils n'ont pas choisi ce mode de vie mais garde la tête haute et font contre mauvaise fortune bon cœur. C'est admirable et courageux. Je ne suis pas certain que j'arriverais à (sur)vivre dans ces conditions.
Pourtant j'essaie de prôner une certaine décroissance dans ma vie quotidienne. J'essaie de réduire ma consommation; je trie et je recycle; je cultive un potager et j'élève quelques poules. Bon, j'ai un boulot rémunéré et je ne vis pas dans une caravane mais je reste conscient que mon mode de vie est fortement lié une société dite de consommation et de croissance. En tout cas, ces deux reportages donnent à réfléchir. Ca remet un peu les idées en place par rapport à tout une série de choses qu'on tient pour acquise ou allant de soi.

La Révolution des androïdes, court-métrage à choix multiples

3 semaines 6 jours ago
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Je suis quelques youtubers parmi lesquels CYRIL qui produit pas mal de gameplay de jeux vidéo. Il produit également des courts-métrages. Le dernier en date, la Révolution des Androïdes, met en scène notre monde dans un futur où les androïdes sont devenus réalité et aident les humains dans leurs tâches quotidiennes mais aussi au niveau des forces de police.
Le court-métrage est présenté en deux parties, côté criminel et côté justice, et racontent deux aspects de la même histoire, comme les deux faces d'une même pièce. On y découvre le point de vue de César, un androïde en fuite et RK800, un androïde policier.
Le petit truc sympa, c'est le choix proposé à la fin de chacune des vidéos; les internautes ont l'occasion de décider du destin des différents protagonistes. La suite sera diffusée le 31 mai sur la chaîne de Cyril.



Ces deux vidéos ont été produites à l'occasion de la sortie prochaine du jeu PS4 Detroit: Become Human. Ce jeu et les sujets abordés dans les deux courts-métrages m'ont rappelé une excellente série ARTE Real Humains dont j'avais chroniqué les premiers épisodes.